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Dureté de l’eau sur le réseau SAGENORD (Nord vaudois)

Cette page documente un réseau, pas une eau au robinet. Les valeurs que SAGENORD publie concernent ses points de livraison aux communes, et non ce qui sort du robinet dans chacune d’elles. La différence n’est pas théorique : nous en avons la démonstration chiffrée plus bas.

Qu’est-ce que SAGENORD ?

La Société Anonyme de Gestion des Eaux du Nord Vaudois a été constituée en 2009. Elle produit, achète, distribue et échange l’eau pour les communes et associations partenaires de la région Yverdon-les-Bains – Grandson. C’est une société sans but lucratif.

Elle est exploitée par mandat du Service des énergies de la Ville d’Yverdon-les-Bains, qui établit chaque année le programme de prélèvements, sur la base d’une analyse des risques du réseau et de la directive W12 de la SSIGE.

Communes et associations reliées

Le rapport de qualité de SAGENORD nomme onze communes à ses points de livraison :

Valeyres-sous-Montagny · Montagny-près-Yverdon · Treycovagnes · Chamblon · Ependes · Suscévaz · Mathod · Pomy · Cuarny · Chesaux-Noréaz · Villars-Epeney

S’y ajoutent deux associations, qui redistribuent ensuite à leurs propres communes : l’AIAE la Menthue et l’ACRG, Association des Communes de la Région de Grandson.

C’est un point important : les communes desservies par ces deux associations ne reçoivent pas l’eau directement de SAGENORD, mais par un échelon intermédiaire qui a son propre réseau.

Ressources et échanges d’eau

Le réseau s’appuie sur plusieurs ressources nommées dans les documents : les sources du Cossaux, les puits d’Onnens I et II, la station de pompage et de traitement de Bellerive à Grandson, le puits de Saint-Germain à Orbe, ainsi que les puits de la Motte, des Prés-Doux et des Râpes.

SAGENORD pratique par ailleurs des échanges d’eau avec l’ARRIBRU et l’AIVB.

La fiche 2024 d’Yverdon-les-Bains détaille la répartition pour cette commune : sources du Cossaux 27 %, station de Bellerive 9 %, échanges ARRIBRU et AIVB 5 %, le pompage représentant 59 % de l’eau consommée annuellement.

Cette combinaison mouvante est ce qui explique l’amplitude des valeurs publiées : le réseau ne distribue pas la même eau selon la part de chaque ressource.

Dureté aux points de livraison — données 2023

Minimum 14,9 °fH
Maximum 26 °fH
Moyenne publiée 22 °fH
Année 2023
Niveau de mesure points de livraison aux communes

Ces chiffres datent de 2023 et ont été repris tels quels dans l’information 2024 publiée par le Service des énergies d’Yverdon-les-Bains. Ce ne sont pas des valeurs 2025 ou 2026, et nous ne les présentons pas comme telles.

La fourchette de onze degrés traverse trois catégories de notre échelle : douce jusqu’à 15 °fH, moyennement dure de 15 à 25, assez dure au-delà. Nous la conservons telle qu’elle est publiée, sans la réduire à une classe unique.

La moyenne de 22 °fH est celle que publie le distributeur. Nous n’en calculons aucune autre.

Point de livraison, réseau, commune : trois choses différentes

C’est la clé de lecture de cette page, et SAGENORD la fournit lui-même en précisant que son rapport vaut « aux points de livraison » des communes et associations qu’il nomme.

Un point de livraison est l’endroit où SAGENORD remet l’eau à une commune. Ce qui se passe ensuite — mélange avec des ressources locales, longueur du réseau communal, réservoirs intermédiaires — relève de la commune.

La démonstration est chiffrée. Ependes est alimentée exclusivement par SAGENORD, et publie pourtant 24 °fH pour son propre réseau — deux degrés au-dessus de la moyenne annoncée par son fournisseur.

Aucun des deux chiffres n’est faux. Ils ne décrivent simplement pas le même endroit. C’est pourquoi nous n’attribuons la valeur de ce réseau à aucune commune : les onze communes listées plus haut n’ont pas, de ce fait, une dureté de 22 °fH.

Ce principe vaut pour tout l’Atlas : voir notre page réseau, commune, ressource ou point de contrôle ?

Fer et manganèse : pourquoi l’eau prend parfois une teinte brune

SAGENORD signale la présence de précipités d’oxydes métalliques composés de fer et de manganèse dans le réseau de transport en provenance des puits d’Onnens.

Même à très faibles doses, ces oxydes forment une couche noire sur les canalisations. Lorsqu’elle se détache, elle donne à l’eau un aspect brun. Des purges ont été réalisées ponctuellement sur le réseau.

Ce phénomène n’a rien à voir avec le calcaire, et un adoucisseur ne le traite pas : il agit sur le calcium et le magnésium. Il s’agit ici d’un sujet de réseau de transport, pris en charge par le distributeur.

Chlorothalonil

Comme sur une grande partie du Plateau suisse, le métabolite R 471811 du chlorothalonil dépasse les prescriptions fédérales sur ce réseau.

SAGENORD indique que 26 % de l’eau distribuée, issue de la source du Cossaux, présentait une teneur proche de la norme de 0,1 microgramme par litre, et que les 74 % restants présentaient une teneur moyenne de 0,2 microgramme par litre. Selon l’OSAV, l’eau distribuée reste consommable.

Là encore, un adoucisseur n’agit pas sur les métabolites de pesticides. Le traitement éventuel doit être choisi en fonction du composé visé et de la technologie adaptée et certifiée pour celui-ci.

Les communes de ce réseau documentées dans l’Atlas

Yverdon-les-Bains — la commune qui exploite le réseau pour SAGENORD. Sa fiche 2024 publie la fourchette complète de 14,9 à 26 °fH et détaille la répartition de ses ressources.

Ependes — alimentée exclusivement par SAGENORD, elle mesure et publie sa propre valeur, 24 °fH, sur des données 2023.

Grandson — le cas le plus instructif. La commune compte deux réseaux : celui de haute pression reçoit la nappe d’Onnens via l’ACRG et affiche 23,5 °fH en 2025 ; celui de basse pression est alimenté par les sources de Novalles et affiche 33,1 °fH. La station de pompage de Bellerive, ressource du réseau, se trouve sur son territoire.

Les autres communes des points de livraison ne publient pas de fiche accessible à ce jour. Nous ne leur attribuons aucune valeur.

Comment SAGENORD s’est construit

Le réseau actuel résulte de quatre décennies de rachats, de raccordements et de forages. Cette histoire explique pourquoi son périmètre ne coïncide avec aucune frontière communale.

Les ressources ont été constituées une par une. Station de pompage de Bellerive, dont le débit nominal a été augmenté à trois reprises. Puits d’Onnens et des Grèves. Puits de Saint-Germain, à Orbe, après une étude hydrogéologique de la plaine de l’Orbe. Puits de la Motte. Recaptage par forage et rénovation des sources du Cossaux. Construction du puits des Prés-Doux. Et rachat du puits des Râpes.

Les infrastructures de stockage aussi. Réservoir du Montélaz, puis son agrandissement. Construction, puis rachat, du réservoir de Chamblon, auquel Champvent a été raccordée.

Et les réseaux voisins ont été interconnectés : raccordement sur celui de l’AIAE La Menthue, puis sur celui de l’ARRIBRU, et rachat des conduites d’adduction entre Bellerive et La Brinaz.

Le raccordement de Giez, Orges et Vugelles-la-Mothe

C’est l’opération la mieux documentée du réseau, et elle en illustre parfaitement la mécanique.

Le canton décrit la création d’une liaison entre le puits des Râpes, sis à Vugelles-la-Mothe, Orges et le réservoir de Giez, pour le raccordement sur le réseau de SAGENORD.

Trois communes, une ressource située sur l’une d’elles, un réservoir situé sur une autre. La commune d’Orges indique elle-même, sur son site, que l’eau alimentant son réseau communal provient du puits des Râpes, via le réseau SAGENORD.

Le rapport annuel 2023 de SAGENORD précise que la concession sur le puits des Râpes a été mise à l’enquête en novembre et décembre de cette année-là, et que les principes du droit de superficie ont été validés avec Vugelles-la-Mothe, commune propriétaire.

Le même rapport documente la contrepartie de ces raccordements : la mise hors service des réservoirs communaux devenus inutiles, et celle de la Fontaine à Fondraz. Une commune raccordée à SAGENORD perd généralement son autonomie de stockage — ce qui explique qu’elle cesse souvent de publier une donnée propre.

SAGENORD conduisait également, à cette date, les études d’une nouvelle station de traitement du Cossaux, avec une démarche participative auprès des exploitants agricoles du bassin d’alimentation de la perte de la Feurtille.

Sources

SAGENORD, rapport « Qualité de l’eau — Général » — sagenord.ch. Données 2023 aux points de livraison.

Ville d’Yverdon-les-Bains, Service des énergies, « Qualité de l’eau potable en 2024 » — yverdon-energies.ch

Fiches communales d’Ependes et de Grandson, citées sur leurs pages respectives. Consultées le 05.09.2026.

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