Le Service de l’eau de la Ville de Lausanne — eauservice — alimente vingt et une communes de l’agglomération lausannoise et de l’Ouest vaudois. C’est le plus grand distributeur documenté dans cet Atlas.
Cette page présente le réseau, ses ressources et son histoire récente. Elle ne donne pas de dureté moyenne : le réseau ne fonctionne pas ainsi, et le distributeur n’en publie pas.
Les vingt et une communes du périmètre
La Ville de Lausanne publie la liste des communes couvertes par son outil de recherche de la qualité de l’eau :
Boussens · Bussigny · Chavannes-près-Renens · Cheseaux-sur-Lausanne · Crissier · Cugy · Denges · Echandens · Ecublens · Epalinges · Etagnières · Jouxtens-Mézery · Lausanne · Le Mont-sur-Lausanne · Lonay · Préverenges · Prilly · Renens · Romanel-sur-Lausanne · Romanel-sur-Morges · Saint-Sulpice
Lutry dispose de sa propre fiche établie par le Service de l’eau et ne figure pas dans cette liste. Nous la présentons séparément, comme le fait la source.
Les communes de Jorat-Mézières reçoivent également de l’eau lausannoise, mais par l’intermédiaire de l’Association intercommunale des eaux du Jorat — un fournisseur en gros, et non une desserte directe.
Une eau qui change selon le réservoir
C’est la caractéristique essentielle de ce réseau : eauservice publie ses valeurs par réservoir ou par ressource, jamais par commune. Une même commune peut dépendre de plusieurs réservoirs, et un même réservoir dessert plusieurs communes.
Les valeurs que nous avons pu documenter à partir des fiches communales publiées donnent une idée de l’écart :
| Ressource ou réservoir | Dureté 2025 | Document source |
|---|---|---|
| Sources du Pays-d’Enhaut | 14,0 °f | fiche Lutry |
| Réservoir de Haute-Pierre | 14,0 °f | fiche Denges |
| Lac de Bret | 15,0 °f | fiche Lutry |
| Réservoir de Montétan | 16,2 °f | fiche Lutry |
| Réservoir des Echerins | 17,9 °f · 18,1 °f | fiches Lutry · Jorat-Mézières |
| Réservoir de La Croix-sur-Lutry | 18,9 °f | fiche Lutry |
| Réservoir de Montagne-du-Château | 18,9 °f | fiche Jorat-Mézières |
Une curiosité à signaler. Le réservoir des Echerins apparaît dans deux fiches du même service avec deux valeurs légèrement différentes, 17,9 et 18,1 °f. Nous conservons les deux telles qu’elles sont publiées. Deux mesures officielles légèrement différentes ne sont pas une donnée à corriger arbitrairement — elles peuvent correspondre à des points ou à des périodes de prélèvement distincts.
Cette liste est partielle : elle ne couvre que les réservoirs cités dans les fiches communales auxquelles nous avons accès. Le réseau en compte davantage.
Les ressources et les usines
Trois grandes origines apparaissent dans les documents du Service de l’eau.
Le lac Léman, traité à l’usine de Saint-Sulpice par filtration sur sable, et à l’usine de Lutry par filtration membranaire et charbon actif en poudre.
Le lac de Bret, dont l’eau passe par une chaîne de traitement que le distributeur qualifie de complexe.
Les sources, dont celles du Pays-d’Enhaut, traitées par filtration membranaire à l’usine de Sonzier.
Quelle que soit sa provenance, l’eau est désinfectée par une légère chloration. Aucun de ces traitements ne modifie la dureté.
Le changement de 2020 : des sources retirées de l’exploitation
C’est l’épisode le plus important de l’histoire récente de ce réseau, et le distributeur le documente précisément.
L’approvisionnement des communes de Boussens, Cheseaux-sur-Lausanne et Etagnières a été modifié après le constat de la présence de résidus de chlorothalonil dans les eaux des sources de Thierrens et de Montaubion, qui alimentaient le réservoir de l’Orme et ont été mises hors service.
Les sources de Jorattez, de Prévondavaux, de Froideville, certaines sources de Cheseaux et des Mossues, ainsi que celle de Fontaine à Basset ont également été mises hors service entre 2019 et 2020.
Depuis le 12 mars 2020, les communes de Bussigny, Boussens, Cheseaux-sur-Lausanne et Etagnières sont alimentées exclusivement par l’eau du lac Léman.
Les deux périmètres ne se recouvrent pas exactement, et le distributeur les distingue lui-même : le retrait des sources contaminées a modifié l’approvisionnement de trois communes, tandis que l’alimentation exclusive par le Léman en concerne quatre, Bussigny s’ajoutant aux précédentes.
Sur l’ensemble du réseau, la mise hors service des sources contaminées représente environ 5 % de l’eau distribuée, compensés par des pompages supplémentaires dans le Léman.
Le Service de l’eau précise que les captages d’eaux souterraines contaminés aux métabolites du chlorothalonil restent hors service.
Un effet visible pour les consommateurs
Le distributeur signale qu’à la suite de ce changement, un certain nombre de consommatrices et consommateurs de Bussigny, Boussens, Cheseaux-sur-Lausanne et Etagnières ont pu voir momentanément l’eau de leur robinet prendre une couleur inhabituelle, jaune-rouge. Il ajoute que ces désagréments, certes gênants, sont sans danger pour la santé.
Il s’agit d’un phénomène lié au changement de provenance de l’eau, et non d’une contamination. Nous le rapportons comme un épisode documenté, pas comme une situation actuelle.
Un rapprochement documentaire s’impose, en précisant bien ce qui se ressemble et ce qui diffère. À Jorat-Mézières, la commune décrit un phénomène comparable : de l’eau colorée et des dépôts dans certains bâtiments, après un recours à l’eau du Léman.
Dans les deux cas, un changement de provenance de l’eau est associé à un phénomène visible dans certaines installations. Mais les causes et les réseaux sont différents : ici, la mise hors service durable de sources contaminées ; là-bas, un appoint temporaire lié à la sécheresse. Les deux épisodes s’éclairent mutuellement sans se confondre.
Le 1,2,4-triazole
Pour 2025, le Service de l’eau signale une seule exception à la conformité : le 1,2,4-triazole, observé dans les réseaux approvisionnés par l’eau du Léman à une teneur moyenne de 0,7 µg/l pour une norme de 0,1 µg/l.
Selon l’Office cantonal de la consommation, qui se fonde sur l’analyse de risques du Swiss Centre for Applied Human Toxicology, les concentrations observées ne présentent pas de risque pour la santé des consommateurs.
Ce réseau est particulièrement concerné, puisque quatre de ses communes sont désormais alimentées exclusivement par le Léman. Le détail figure sur notre page consacrée au 1,2,4-triazole dans l’eau potable romande. Un adoucisseur ne traite pas cette substance.
Un contrôle d’une ampleur exceptionnelle
En 2025, le Service de l’eau a réalisé 3 132 prélèvements, dont 2 382 directement dans les usines de traitement, les réservoirs et le réseau de distribution. Son laboratoire accrédité a analysé 35 708 paramètres. Plus de 300 substances sont monitorées dans les ressources et l’eau distribuée.
Les analyses microbiologiques ont révélé treize non-conformités mineures, non confirmées lors d’un second prélèvement. Les paramètres physico-chimiques ont été en tout point conformes.
Ce laboratoire dépasse largement le périmètre du réseau : il analyse aussi l’eau de l’AIESFE et celle de la Vallée de Joux, sans en être le distributeur.
Une échelle de dureté différente de la nôtre
Les fiches du Service de l’eau emploient une grille où l’eau assez dure va de 25 à 35 °f et l’eau dure au-delà de 35, sans sixième classe. Notre échelle place l’eau assez dure de 25 à 32 et l’eau dure de 32 à 42.
Sur ce réseau, dont toutes les valeurs documentées sont inférieures à 19 °f, la différence n’a aucune incidence pratique. Nous conservons les valeurs telles qu’elles sont publiées et appliquons notre grille, comme partout dans l’Atlas.
Faut-il un adoucisseur sur ce réseau ?
Aucun seuil réglementaire ne l’impose. Les valeurs documentées se situent toutes dans le bas de l’échelle, entre 14 et 19 °f, ce qui en fait l’un des réseaux les moins calcaires de l’Atlas.
À ce niveau, un adoucisseur n’est pas une nécessité pour la grande majorité des foyers. Mais comme le réseau publie par réservoir et non par commune, et qu’une commune peut dépendre de plusieurs réservoirs, seule une mesure sur place permet de savoir où l’on se situe.
→ Tout savoir sur l’adoucisseur d’eau · Dépannage et entretien
Les communes documentées de ce réseau
Denges — alimentée par le réservoir de Haute-Pierre, à 100 % par l’usine de Saint-Sulpice.
Lutry — cinq ressources et réservoirs distincts, de 14,0 à 18,9 °f, et l’usine de traitement du Léman sur son territoire.
Jorat-Mézières — alimentée via l’AIEJ depuis les réservoirs d’Echerins et de Montagne-du-Château.
Les dix-huit autres communes du périmètre ne publient pas de fiche accessible à ce jour. Nous ne leur attribuons aucune valeur : ce serait transformer une donnée de réseau en donnée communale, ce que notre méthodologie écarte.
Sources
Ville de Lausanne, « Qualité de l’eau chez vous », liste des communes et historique des ressources — lausanne.ch
Ville de Lausanne, communiqué « Qualité de l’eau potable 2025 », Service de l’eau. Fiches communales 2025 de Denges, Lutry et Jorat-Mézières, citées sur leurs pages respectives.
Consultées le 05.09.2026.
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