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1,2,4-triazole dans l’eau potable romande : ce que disent les distributeurs

Depuis l’automne 2025, une substance appelée 1,2,4-triazole est détectée dans l’eau du lac Léman et, par conséquent, dans les réseaux romands qui s’y alimentent.

Cette page rassemble ce que les distributeurs et les autorités ont publié à ce sujet, avec leurs chiffres et leurs dates. Elle ne propose aucune solution commerciale, pour une raison simple que nous disons d’emblée.

Deux précisions immédiates

Un adoucisseur d’eau ne traite pas le 1,2,4-triazole. Un adoucisseur agit par échange d’ions sur le calcium et le magnésium. Il n’a aucun effet sur cette substance. Si quelqu’un vous propose un adoucisseur pour répondre à ce sujet, la réponse ne correspond pas à la question.

Les autorités concluent à l’absence de risque aux concentrations observées. Nous détaillons ci-dessous sur quoi repose cette conclusion, et nous ne la nuançons pas : ce n’est pas notre rôle d’aller au-delà de ce que dit une évaluation toxicologique officielle.

Ce qui s’est passé, et quand

Le 26 septembre 2025, les cantons de Vaud, Genève et Valais ont publié un communiqué de presse conjoint faisant état de la détection dans le lac Léman de 1,2,4-triazole, à des concentrations dépassant la valeur légale fixée par la Confédération, qui est de 0,1 µg/l.

Cette substance avait été ajoutée en 2025 au programme d’analyses des micropolluants de l’Office de la consommation vaudois, en raison de sa catégorisation comme métabolite pertinent par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.

Le 17 octobre 2025, l’évaluation demandée au Swiss Centre for Applied Human Toxicology a été rendue publique.

D’où vient cette substance

Les investigations menées côté valaisan attribuent la pollution aux rejets dans le Rhône du site chimique de Monthey.

L’État de Vaud précise qu’aucune source significative n’a été détectée dans ses rivières et que l’agriculture n’est pas en cause. C’est ce qui distingue nettement ce dossier de celui du chlorothalonil, dont les métabolites proviennent d’un fongicide agricole.

Ce que dit le Valais : les réseaux de la plaine du Rhône ne sont pas touchés

Une précision valaisanne mérite d’être connue, car elle limite nettement le périmètre du problème.

Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires du canton du Valais a effectué des prélèvements sur différents réseaux d’eau potable de la plaine du Rhône, de Viège à Collombey-Muraz. Ses résultats montrent que ces réseaux de distribution ne sont pas touchés par cette substance.

Le service ajoute que la concentration en 1,2,4-triazole mesurée dans le Rhône en aval de Monthey n’a pas d’impact sur les communes du Bas-Valais et du Chablais vaudois, toutes alimentées par des sources de montagne.

Ce constat vaut pour les réseaux valaisans et chablaisiens examinés par ce service, et pour eux seuls. Il ne s’étend pas aux réseaux alimentés par le Léman, où la substance est bien détectée, comme le montrent les valeurs ci-dessous.

Le canton précise enfin que les investigations se poursuivent pour examiner les rejets sur plusieurs années dans les cours d’eau, compte tenu de la persistance du composé. L’Office fédéral de l’environnement et le canton du Valais contrôlent la qualité du Rhône au moyen d’une station de mesure à la Porte du Scex.

Les concentrations mesurées, réseau par réseau

Réseau Concentration Date Contexte
Réseaux alimentés par le Léman — Service de l’eau de Lausanne 0,7 µg/l 2025 teneur moyenne
Réseaux du SIGE, Riviera 0,7 µg/l 2025 teneur moyenne, secteurs mélangés uniquement
Réseaux des SI Nyon 0,2 à 0,3 µg/l octobre 2025 après réduction de la part d’eau du lac

Valeur légale : 0,1 µg/l.

Une nuance importante : tous les réseaux ne sont pas concernés

Le SIGE apporte la précision la plus fine trouvée sur ce dossier. Dans son réseau, cette substance n’est détectée que dans les secteurs où l’eau du lac est mélangée aux eaux de sources, et les concentrations dépendent de la proportion d’eau du lac.

Autrement dit, sur un même territoire, deux quartiers peuvent être dans des situations différentes selon leur alimentation. À Vevey, dont le réseau inférieur mélange l’eau du Léman et celle de la grande source des Avants, la question se pose ; dans les secteurs de Montreux alimentés uniquement par des sources, non.

Cette géographie fine n’est publiée par aucun autre distributeur à notre connaissance.

Un distributeur a modifié son exploitation

C’est l’élément le plus concret du dossier. Après le communiqué du 26 septembre 2025, les Services industriels de Nyon indiquent avoir réduit la part d’eau pompée dans le lac au profit des sources et de la nappe phréatique.

En octobre 2025, les analyses dans leurs réseaux montraient des valeurs de 0,2 à 0,3 µg/l — sensiblement inférieures aux 0,7 relevés sur les réseaux majoritairement lacustres.

Les SI Nyon indiquent également participer, avec la SAPAN, à un groupe de travail réunissant plusieurs distributeurs de Suisse romande pour déterminer la meilleure technologie de traitement, avec des essais en laboratoire en cours. Ils précisent qu’il faudra plusieurs années et des investissements conséquents pour mettre en place de nouvelles filières de traitement. En parallèle, des travaux étaient prévus en 2026 pour réinjecter dans la nappe les excédents d’eaux de sources disponibles en hiver.

Ce que dit l’évaluation sanitaire

L’analyse de risques réalisée par le Swiss Centre for Applied Human Toxicology, sur laquelle se fonde l’Office de la consommation, conclut que les concentrations observées dans l’eau distribuée ne présentent pas de risque pour la santé des consommateurs.

En conséquence, aucune recommandation particulière de consommation n’est requise, y compris pour les groupes de populations vulnérables — nourrissons, enfants et femmes enceintes. L’eau distribuée peut continuer à être consommée.

Cette conclusion est celle des autorités compétentes, reprise telle quelle par les distributeurs dans leurs propres publications. Nous n’y ajoutons rien.

Il est utile de comprendre pourquoi une valeur peut dépasser une norme sans présenter de risque : la valeur de 0,1 µg/l est fixée au titre du principe de précaution et s’applique de manière uniforme aux métabolites pertinents. Ce n’est pas un seuil toxicologique.

Les communes de l’Atlas concernées

Denges et les autres communes alimentées par le Service de l’eau de Lausanne, dont les captages d’eaux souterraines contaminés aux métabolites du chlorothalonil restent par ailleurs hors service.

Jorat-Mézières, pour ses localités de Carrouge et Mézières alimentées par l’eau lausannoise via l’AIEJ.

Vevey et Montreux, dans leurs secteurs mélangeant lac et sources.

Nyon et les communes de son réseau, aux concentrations les plus basses relevées.

Et si vous voulez agir chez vous

Nous ne vendons pas de réponse à ce dossier, et nous préférons le dire clairement.

Aucun équipement domestique ne doit être présenté comme la solution au 1,2,4-triazole. Les distributeurs eux-mêmes cherchent encore la filière de traitement adaptée, à l’échelle industrielle et avec des essais en laboratoire en cours.

De manière générale, le traitement éventuel d’un micropolluant dans l’eau de boisson doit être choisi en fonction du composé visé et de la technologie certifiée pour celui-ci, et non d’après une catégorie générale d’appareil. Nous en parlons sur notre page consacrée aux osmoseurs et purificateurs d’eau, où nous expliquons aussi ce que ces équipements ne font pas.

Si votre préoccupation porte sur le calcaire, c’est un sujet entièrement différent, traité dans notre Atlas de la dureté de l’eau.

Sources

État de Vaud, page thématique « 1,2,4-triazole dans l’eau potable provenant du lac Léman » — vd.ch. Communiqué intercantonal Vaud-Genève-Valais du 26 septembre 2025 et communiqué vaudois du 17 octobre 2025 relatif à l’évaluation du SCAHT.

SIGE, « Information sur la qualité de l’eau distribuée en 2025 », document du 23 mars 2026.

Services industriels de Nyon, « Rapport sur la qualité de l’eau distribuée en 2025 », avril 2026 — sinyon.ch.

Ville de Lausanne, Service de l’eau, « Information sur la qualité de l’eau », données 2025, document du 18 février 2026.

État du Valais, Service de la consommation et des affaires vétérinaires, page « Eau potable », état au 17 octobre 2025 — vs.ch

Consultées le 05.09.2026. Les données de ce dossier évoluent : nous recommandons de consulter la page de l’État de Vaud et le site de votre distributeur pour l’état le plus récent.

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