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Dureté de l’eau dans le canton de Genève

Genève est un cas simple à énoncer et rare en Suisse romande : un distributeur unique pour presque tout le canton, quatre zones de distribution, et des valeurs publiées pour chacune.

C’est aussi l’un des cantons les moins calcaires que nous documentions. Aucune zone genevoise ne dépasse 22,4 °f.

Les quatre zones de distribution des SIG

Les Services Industriels de Genève découpent le canton en zones selon l’origine de l’eau distribuée, et publient la composition de chacune.

Zone Origine Dureté 2025 Classe
Zone 1 Eau du lac 12,8 à 13,9 °f douce
Zone 2 Eau du lac et nappe de l’Allondon 13,5 à 22,4 °f douce à moyennement dure
Zone 3 Eau du lac et nappe du Genevois 19,5 à 20,0 °f moyennement dure
Zone 4 Nappe du Genevois 19,3 à 21,2 °f moyennement dure

Composition publiée pour l’année 2025. Nous ne calculons aucune moyenne cantonale : elle ne décrirait l’eau d’aucun Genevois.

Une précision essentielle sur le niveau de mesure. Les SIG indiquent que ces valeurs sont des moyennes de réseau, publiées sous forme de moyenne minimale et de moyenne maximale. Ce ne sont donc ni des mesures ponctuelles, ni les valeurs extrêmes relevées dans l’année. Nous les reproduisons telles quelles.

Le détail minéral de chaque zone

Zone Calcium Magnésium Sodium Potassium
Zone 1 44,5 à 44,6 5,8 à 5,9 9,1 à 9,9 1,7
Zone 2 44,6 à 78,0 5,9 à 7,2 4,3 à 9,1 1,1 à 1,7
Zone 3 60,3 à 61,0 10,9 à 11,7 6,9 à 9,1 1,3 à 2,1
Zone 4 62,4 à 66,4 9,0 à 11,3 6,4 à 7,2 1,6 à 1,7

Valeurs en milligrammes par litre.

La zone 5 : une parenthèse de six mois, documentée au jour près

C’est un épisode documenté au jour près, et il concerne la rive gauche genevoise.

29 septembre 2024 — rupture de la conduite au quai Gustave-Ador. Les SIG créent une zone 5 temporaire, alimentée par la nappe du Genevois mélangée à de l’eau du lac.

Décembre 2024 — début des travaux. 570 mètres de conduite de 70 cm de diamètre, ainsi qu’une vanne du même diamètre, sont posés en environ deux mois.

10 mars 2025 — remise en service, après cinq mois de travaux. Les SIG décrivent cette conduite comme un maillon essentiel de l’alimentation en eau potable de la rive gauche, notamment en période de forte demande.

La conséquence pour un habitant du secteur est précise, et les SIG la formulent eux-mêmes : pour la période de distribution de janvier à mars 2025, il faut se référer à la zone 5 ; pour la période d’avril à décembre 2025, à la zone 1.

Les valeurs publiées pour cette zone temporaire : dureté de 13,5 à 21,2 °f, calcium de 44,6 à 66,4 mg/l, magnésium de 5,9 à 11,3.

Autrement dit, un même foyer de ce secteur a reçu une eau sensiblement plus calcaire pendant le premier trimestre 2025, puis l’eau du lac à partir d’avril. La zone 5 n’existe plus aujourd’hui — il y a quatre zones — mais elle reste la référence pour ce trimestre.

Zone, commune, ressource : ce que Genève ne publie pas

Un point essentiel pour lire ces données correctement.

Les SIG publient par zone de distribution, définie par l’origine de l’eau — pas par commune. Une même commune genevoise peut relever de plusieurs zones, et une même zone traverse plusieurs communes.

Nous ne créons donc aucune page communale genevoise, et nous n’attribuons la valeur d’une zone à aucune commune en particulier. Ce serait transformer une donnée de réseau en donnée communale — exactement ce que notre méthodologie écarte.

Pour savoir de quelle zone dépend votre adresse, les SIG mettent à disposition une carte des zones et les analyses détaillées de chacune sur leur site.

La commune de Céligny fait exception

Céligny est la seule commune genevoise qui ne soit pas desservie par les SIG. Enclave située en territoire vaudois, elle est alimentée par les Services industriels de Nyon.

Son eau n’a donc rien à voir avec celle du reste du canton : sur le réseau nyonnais, la dureté s’est échelonnée de 21,7 à 29,1 °f en 2025, pour une moyenne publiée de 26 — nettement au-dessus de toutes les zones genevoises.

Le détail figure sur notre page consacrée à la dureté de l’eau à Nyon. Les SI Nyon ne publiant pas de valeur par commune, nous n’en attribuons aucune à Céligny.

D’où vient l’eau genevoise

Les SIG indiquent que l’Eau de Genève provient à 90 % du lac Léman et à 10 % des nappes phréatiques du canton, et que 91 % de la population la consomme quotidiennement.

De son côté, le Service de la consommation et des affaires vétérinaires du canton du Valais indique, dans son état au 17 octobre 2025, que l’eau du Léman approvisionne 100 % du canton de Genève.

Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose et nous ne les opposons pas : les 90 % des SIG portent sur la provenance de l’eau distribuée, tandis que le second énonce que l’ensemble du canton est desservi par des réseaux alimentés par le lac. Nous rapportons les deux énoncés tels qu’ils sont publiés, sans en déduire une valeur unique.

Cette information est cantonale et globale : elle ne décrit pas la composition d’une zone en particulier.

L’eau du Léman est peu calcaire, comme le montrent aussi nos pages sur Denges et Lutry, alimentées par la même ressource côté vaudois.

Ce sont les nappes — celle de l’Allondon et celle du Genevois — qui font monter la dureté dans les zones 2, 3 et 4.

Ce qui a changé entre 2024 et 2025

Les SIG publient un bilan annuel, ce qui permet une comparaison directe d’une année sur l’autre — exercice rarement possible en Suisse romande.

Zone Dureté 2024 Dureté 2025
Zone 1 — lac 13,4 à 13,5 °f 12,8 à 13,9 °f
Zone 2 — lac et Allondon 13,4 à 22,5 °f 13,5 à 22,4 °f
Zone 3 — lac et Genevois 18,3 à 18,7 °f 19,5 à 20,0 °f
Zone 4 — nappe du Genevois 19,6 à 21,2 °f 19,3 à 21,2 °f

Trois zones sur quatre sont remarquablement stables. La zone 3 fait exception : elle passe d’une fourchette de 18,3-18,7 à 19,5-20,0 °f, soit environ un degré et demi de plus.

Les SIG ne commentent pas cette évolution et ne publient pas les proportions du mélange lac-nappe pour cette zone. Nous constatons donc le déplacement sans lui attribuer de cause : ce serait inventer ce que la source ne dit pas. La zone reste dans la même catégorie, moyennement dure, avant comme après.

Les contrôles

Le laboratoire des SIG, sous la surveillance du Service de la consommation et des affaires vétérinaires, publie les chiffres suivants pour 2025 :

57 millions de m³ d’eau potable distribués sur le canton, 4 701 prélèvements réalisés, 95 032 analyses de contrôle de la qualité, et 0,9 % d’échantillons non conformes sans gravité.

Les SIG indiquent rechercher chaque année près de 800 micropolluants, les résultats étant transmis chaque mois au chimiste cantonal. Un panel de trente-six collaborateurs goûte par ailleurs les eaux des différents réseaux deux fois par mois.

Le dispositif mobilise 150 collaborateurs pour 1 100 kilomètres de réseaux d’eau potable.

La comparaison avec 2024 est instructive : le nombre de prélèvements a baissé de 5 553 à 4 701, mais la part d’échantillons non conformes a diminué de 1,4 % à 0,9 % — de 80 à 42 échantillons, sans gravité dans les deux cas. Le volume distribué est passé de 56 à 57 millions de m³.

Une échelle quasi identique à la nôtre

C’est assez rare pour être signalé : les SIG publient dans leur bilan annuel une échelle à six classes, pratiquement superposable à celle que nous appliquons sur tout l’Atlas.

Catégorie Échelle SIG Échelle Hydrocal
Très douce 0 à 7 °f moins de 7 °fH
Douce 8 à 15 °f 7 à 15 °fH
Moyennement dure 16 à 25 °f 15 à 25 °fH
Assez dure 26 à 32 °f 25 à 32 °fH
Dure 33 à 42 °f 32 à 42 °fH
Très dure plus de 42 °f plus de 42 °fH

La plupart des distributeurs romands que nous documentons emploient des bornes différentes des nôtres. Les SIG font partie de la minorité qui publie exactement la même structure à six classes.

Une nuance toutefois : dans la foire aux questions de leur site, les SIG emploient une formulation simplifiée — eau douce jusqu’à 15 °F, très dure au-delà de 30 °F. C’est un raccourci pédagogique, pas leur grille de référence, qui figure dans le bilan annuel. Nous retenons la seconde.

Ce que recommandent les SIG

Le distributeur formule deux positions explicites, que nous rapportons telles quelles parce qu’elles concernent directement notre métier.

Sur l’adoucissement : sur la base de la notice technique TPW-2004/4 de la SSIGE, les SIG indiquent que l’adoucissement de l’eau n’est pas recommandé pour des duretés ne dépassant pas 30 °F, et qu’une installation pourrait se justifier si l’eau est utilisée à des fins techniques.

Sur le traitement domestique en général : les SIG estiment qu’un traitement domestique pour améliorer la qualité de l’eau est inutile, l’eau du robinet étant rigoureusement contrôlée, et ajoutent que de tels appareils peuvent considérablement dégrader la qualité de l’eau s’ils ne sont pas utilisés correctement.

Ce sont les positions des SIG, pas les nôtres, et elles méritent d’être connues de tout Genevois qui s’interroge.

Notre nuance tient en deux points, et elle ne les contredit pas. D’abord, aucun seuil réglementaire ne rend un adoucisseur obligatoire ni interdit : la décision dépend de l’état de l’installation, de la consommation d’eau chaude et des appareils à protéger. Ensuite, la remarque des SIG sur les appareils mal utilisés est juste — un adoucisseur sans entretien finit par poser plus de problèmes qu’il n’en résout, et c’est précisément pour cela que le suivi fait partie de l’appareil.

À 12,8 ou 20 °f, nous ne recommandons pas d’adoucisseur à un ménage genevois ordinaire. Nous le disons aussi clairement que les SIG.

Tout savoir sur l’adoucisseur d’eau · Dépannage et entretien

Et le 1,2,4-triazole ?

Genève est l’un des trois cantons signataires du communiqué intercantonal du 26 septembre 2025 sur la détection de cette substance dans le Léman. L’État de Genève indique sur sa page consacrée à la qualité de l’eau potable que toutes les informations relatives à ce sujet figurent dans le communiqué de presse du 17 octobre 2025.

Le canton étant alimenté à 90 % par le lac, la question s’y pose comme ailleurs sur l’arc lémanique. Nous détaillons ce dossier, avec les valeurs des différents réseaux romands et les conclusions sanitaires officielles, sur notre page consacrée au 1,2,4-triazole dans l’eau potable romande.

Un adoucisseur ne traite pas cette substance : il agit sur le calcium et le magnésium.

Questions fréquentes

Quelle est la dureté de l’eau à Genève ? Elle dépend de la zone de distribution : 12,8 à 13,9 °f en zone 1, 13,5 à 22,4 en zone 2, 19,5 à 20,0 en zone 3 et 19,3 à 21,2 en zone 4, selon la composition 2025 publiée par les SIG.

L’eau de Genève est-elle calcaire ? Peu, comparée au reste de la Suisse romande. Aucune zone ne dépasse 22,4 °f, alors que plusieurs communes vaudoises dépassent 30 °f.

Comment savoir de quelle zone je dépends ? Les SIG publient une carte des zones et les analyses détaillées de chacune sur leur site. Nous n’attribuons pas de valeur commune par commune, faute de donnée publiée à ce niveau.

Faut-il un adoucisseur à Genève ? Les SIG ne le recommandent pas en dessous de 30 °F. À ce niveau de dureté, ce n’est pas une nécessité pour un ménage ordinaire.

Sources

Services Industriels de Genève, « L’Eau de Genève », composition pour l’année 2025, zones de distribution et recommandations — sig-ge.ch

Services Industriels de Genève, « Quel bilan pour mon eau potable en 2025 ? », bilan annuel, avril 2026 — pour l’échelle de dureté, la chronologie du quai Gustave-Ador et les chiffres de contrôle : media.sig-ge.ch

Services Industriels de Genève, bilan de l’eau potable pour l’année 2024 — pour la comparaison interannuelle : media.sig-ge.ch

République et canton de Genève, page « Qualité de l’eau potable », dont l’information sur la desserte de Céligny — ge.ch

État du Valais, Service de la consommation et des affaires vétérinaires, page « Eau potable », état au 17 octobre 2025, pour la part du Léman dans l’approvisionnement cantonal — vs.ch

Consultées le 05.09.2026.

Les 45 communes genevoises

Chaque commune du canton dispose de sa fiche territoriale : distributeur, numéro OFS, numéros postaux et état de la donnée de dureté. Les valeurs, elles, sont publiées par zone de distribution, pas par commune.

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