À Nyon, la dureté ne se résume pas à un chiffre : elle varie de sept degrés au fil de l’année, selon le mélange de trois ressources dont les proportions changent aussi d’une année à l’autre. Les Services industriels publient neuf années de cet historique — une profondeur rare.
| Dureté 2025 | 21,7 à 29,1 °f · moyenne publiée 26 °f |
| Classes traversées | moyennement dure, puis assez dure |
| Distributeur | Services industriels de Nyon |
| Ressources 2025 | sources 56 % · lac via la SAPAN 28 % · nappes phréatiques 16 % |
| Température moyenne | 13,7 °C |
| Analyses en 2025 | 275 |
Quelle est la dureté de l’eau à Nyon ?
Entre 21,7 et 29,1 °f au cours de l’année 2025, avec une moyenne publiée de 26 °f.
Ce n’est pas une imprécision : c’est une fourchette de réseau, et elle traverse deux catégories de notre échelle. À 21,7 °f, l’eau est moyennement dure ; à 29,1 °f, elle est assez dure. Selon la période de l’année, un habitant de Nyon reçoit l’une ou l’autre.
Nous ne publions pas de « dureté de Nyon » sous forme d’un chiffre unique : le distributeur n’en donne pas, et la moyenne de 26 °f ne dit rien des extrêmes.
Pourquoi cette variabilité : trois ressources qui se relaient
Les SI Nyon expliquent eux-mêmes le mécanisme. L’eau filtrée du lac a une dureté qualifiée de douce ; celle des sources et des nappes phréatiques est qualifiée d’assez dure. La dureté du réseau varie donc au fil de l’année en fonction du mélange.
L’essentiel de l’eau vient de cinq sources situées au pied du Jura et de deux puits de pompage dans les nappes. Cette adduction suffit en hiver ; du printemps à l’automne, elle est complétée par de l’eau du lac, filtrée et traitée, fournie par la SAPAN.
En 2025, la répartition annuelle s’est établie à 56 % de sources, 28 % de lac et 16 % de nappes. Mais la moyenne annuelle masque les pointes : au mois d’août, la SAPAN couvrait jusqu’à 72 % des besoins.
Neuf ans de bascules entre le lac et les sources
Le rapport publie l’historique de la provenance, et il est édifiant.
| Année | Sources | Nappes | Lac Léman |
|---|---|---|---|
| 2017 | 25 % | 28 % | 47 % |
| 2018 | 19 % | 42 % | 39 % |
| 2019 | 37 % | 23 % | 40 % |
| 2020 | 48 % | 18 % | 34 % |
| 2021 | 57 % | 9 % | 34 % |
| 2022 | 44 % | 13 % | 43 % |
| 2023 | 56 % | 12 % | 32 % |
| 2024 | 70 % | 13 % | 17 % |
| 2025 | 56 % | 16 % | 28 % |
La part du lac est passée de 47 % en 2017 à 17 % en 2024, puis remontée à 28 % en 2025. Comme l’eau du lac est la moins calcaire des trois, la dureté moyenne du réseau ne peut pas être la même d’une année à l’autre — ce que confirment les chiffres publiés : la fourchette 2023 allait de 19,4 à 28,6 °f pour une moyenne de 25, contre 21,7 à 29,1 et une moyenne de 26 en 2025.
C’est l’un des rares réseaux de l’Atlas où l’on peut suivre cette évolution sur neuf ans.
Traitements, selon la ressource
L’eau des sources et des nappes est décrite comme d’excellente qualité et ne nécessite pas de traitement particulier ; deux sources sont néanmoins équipées d’un traitement préventif par rayonnement ultraviolet.
L’eau du lac suit une chaîne complète : préfiltration sur sable, ozonation, filtration finale sur charbon actif destinée à détruire et éliminer les micropolluants, rectification du pH, puis légère chloration.
Aucun de ces traitements ne modifie la dureté.
Minéralisation : des fourchettes, pas des valeurs fixes
Les analyses 2025 dans le réseau donnent, en milligrammes par litre : calcium de 66,7 à 95,2 · magnésium de 7,8 à 16,7 · sodium de 0,7 à 8,8 · potassium de 0,1 à 1,9 · chlorures de 0,7 à 8,5 · sulfates de 2,0 à 26,0 · nitrates de 1,6 à 7,3.
Le calcium varie donc du simple au tiers en plus selon la période. C’est la traduction directe du mélange des ressources.
Le 1,2,4-triazole, et une réaction opérationnelle documentée
Le 26 septembre 2025, les cantons de Vaud, Genève et Valais ont publié un communiqué conjoint sur la détection dans le Léman de 1,2,4-triazole, à des concentrations dépassant la valeur légale de 0,1 µg/l.
Ce qui suit est propre à Nyon et mérite d’être relevé : les SI Nyon ont réduit la part d’eau pompée dans le lac au profit des sources et de la nappe. En octobre 2025, les analyses dans leurs réseaux montraient des valeurs de 0,2 à 0,3 µg/l — nettement en dessous des 0,7 µg/l relevés sur les réseaux alimentés majoritairement par le Léman ailleurs dans le canton.
Selon l’analyse de risques du Swiss Centre for Applied Human Toxicology, les concentrations observées ne présentent pas de risque pour la santé des consommateurs, et aucune recommandation particulière n’est requise, y compris pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes.
Les SI Nyon indiquent participer, avec la SAPAN, à un groupe de travail romand cherchant la meilleure technologie de traitement, avec des essais en laboratoire en cours. Ils précisent qu’il faudra plusieurs années et des investissements conséquents. En parallèle, des travaux sont prévus en 2026 pour réinjecter dans la nappe les excédents d’eaux de sources disponibles en hiver.
Un point doit être dit clairement : un adoucisseur ne traite pas cette substance. Il agit sur le calcium et le magnésium. Le traitement éventuel d’un micropolluant doit être choisi en fonction du composé visé et de la technologie adaptée et certifiée pour celui-ci. Le dossier complet, avec les valeurs des autres réseaux romands, figure sur notre page consacrée au 1,2,4-triazole.
Chlorothalonil et PFAS : conformes
Les contrôles 2025 établissent que les métabolites du chlorothalonil et les PFAS répondent entièrement aux normes. R417888 et SYN507900 sous 0,01 µg/l, R471811 sous 0,03 µg/l, PFAS totaux sous 0,01 µg/l, pour un seuil de 0,1 µg/l.
C’est un résultat notable : sur une grande partie du Plateau vaudois, ces métabolites sont présents, parfois au voisinage de la norme.
Ce que les SI Nyon recommandent
Le distributeur formule sa propre position, et nous la rapportons telle quelle :
« La dureté étant toujours inférieure à 30 °f, nous ne conseillons pas l’utilisation d’un adoucisseur. » Il recommande en revanche, pour éviter un entartrage important des conduites et installations d’eau chaude, de limiter la température des chauffe-eau à 60 °C au maximum.
C’est la recommandation des SI Nyon, pas la nôtre, et elle mérite d’être connue de tout habitant de la région.
Notre position est plus nuancée sur un seul point : il n’existe aucun seuil réglementaire rendant un adoucisseur obligatoire ou interdit, et la question dépend aussi de l’âge et de l’état de votre installation, de votre consommation d’eau chaude et des appareils à protéger. Nous mesurons la dureté sur place avant toute proposition, et nous disons volontiers non quand un appareil ne se justifie pas.
Le conseil des 60 °C, lui, est excellent et gratuit.
→ Tout savoir sur l’adoucisseur d’eau · Dépannage et entretien
Le périmètre du réseau
Les SI Nyon ont distribué 3,4 millions de m³ en 2025 sur les communes d’Arnex-sur-Nyon, Borex, Céligny, Crans, Nyon, Prangins et Signy-Avenex, ainsi que dans la zone industrielle de Duillier. Environ 33 400 personnes, pour une consommation moyenne de 236 litres par habitant et par jour, tous usages confondus.
La fourchette publiée vaut pour l’ensemble de ce réseau. Le distributeur ne publiant pas de valeur par commune, nous n’en attribuons à aucune : cette page documente le réseau, et Nyon en est la commune principale. Sur cette distinction, voir notre page réseau, commune, ressource ou point de contrôle ?
À noter que Céligny est une commune genevoise — la seule du canton de Genève à ne pas être desservie par les SIG. Voir notre page sur la dureté de l’eau dans le canton de Genève.
Ailleurs dans l’Atlas
Gland, voisine, tire elle aussi une petite part de son eau de la SAPAN — 4 % seulement — et affiche 22,4 °fH. Appartenir au même dispositif lacustre ne signifie pas boire la même eau.
Le réseau du SIDERE, juste à l’est, publie au contraire une valeur par localité, de 14 à 30 °fH selon la commune.
Pour un cas où le changement d’origine de l’eau a eu des effets visibles au robinet, voir Jorat-Mézières.
Questions fréquentes
Quelle est la dureté de l’eau à Nyon ? Entre 21,7 et 29,1 °f en 2025, avec une moyenne publiée de 26 °f. La fourchette traverse deux catégories : moyennement dure et assez dure.
Pourquoi varie-t-elle autant ? Parce que le réseau mélange trois ressources aux duretés différentes — sources du pied du Jura, nappes phréatiques et eau du lac — dans des proportions qui changent selon la saison et selon l’année.
Les SI Nyon conseillent-ils un adoucisseur ? Non. Ils indiquent que la dureté restant toujours inférieure à 30 °f, ils ne conseillent pas l’utilisation d’un adoucisseur, et recommandent plutôt de limiter la température des chauffe-eau à 60 °C.
Sources
Services industriels de Nyon, « Rapport des Services industriels de Nyon sur la qualité de l’eau distribuée en 2025 », avril 2026 — sinyon.ch
Services industriels de Nyon, page « L’essentiel sur l’eau » — sinyon.ch. Les données de dureté qui y figurent portent sur 2023 ; nous retenons celles du rapport 2025.
Consultées le 05.09.2026.
Atlas de la dureté de l’eau · Canton de Vaud · Faire mesurer mon eau
